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UNE BIEN BELLE HISTOIRE

Elle a commencé en 1953 avec la naissance de Capucine, l'une des dernières descendantes des chiens blancs du Roi, que j'achetais à Antony Hublot du Rivault, avec ses frères. J'étais très admiratif de cette race.

Souillard, le premier de tous fut donné au Roi Louis XI (1423- 1483). Anne de Beaujeu, sa fille lui fit saillir Baude, sa très bonne chienne, il y eu une première portée de onze. Les chiens blancs du Roi en descendent.

Elle fut le début de mes aventures en Vénerie, de mes premières chasses et de cette histoire. Ayant fondé "le Rallye Teillay", un équipage de Vénerie pour chasser le chevreuil à courre, il fallait équilibrer le budget. Parfois nous allions sonner de la trompe de chasse au château d'Artigny, pendant des congrès.

Un soir, à l'un d'entre eux, il y avait des participants de nations différentes, dont des Américains. Ils nous ont demandé de quitter nos tenues pour les revêtir. Ainsi déguisés, des photos furent prises les montrant sonnant de la trompe sur les marches du Château hôtel d'Artigny...

15 jours plus tard, je reçois une lettre me disant: "nous organisons en mars 73, à Birmingham, dans l'Alabama, un festival dont le thème est la France. Nous serions heureux de vous avoir pour sonner 5 fois par jour pendant 8 jours et vous vivrez dans nos familles"

Un beau matin de Mars 73, nous étions à Orly pour cette magnifique et inattendue expédition.

Ce fut un immense succès. Nos tenues de vénerie avec nos bottes à chaudron, nos bas blancs, nos jarretières, nos éperons, nos fanfares étaient inconnus et mes jeunes étaient entourés d'une ruche bourdonnante de jeunes filles, pour parler Français.

Ils avaient organisé une exposition sur la France dont la présidente était Madame Kitty SCOTT. Sous une immense structure qui pouvait contenir 5 terrains de football étaient reconstitués: les Champs Élysées, la tour Eiffel, l'Arc de triomphe, des stands de toute sorte remplissaient cet immense espace.

Seul incident: je suis prévenu qu'un télégramme était arrivé pour moi. Impossible de comprendre la postière . Inquiet, je pensais qu'un problème était arrivé dans ma famille. Finalement elle épelle les mots et j'écris: "billot, brocart pris". Seul animal pris cette année là, Éric, resté en France pour passer des examens, nous l'avait télégraphié. Un grand brocard pris au Billot en 6 heures de chasse, avec 3 cavaliers. Au lieu de sonner les fanfares habituelles, nous avons ce soir là, sonné la curée du brocart pris en Maine et Loire. Nous sommes également le seul équipage au monde à avoir sonné en Amérique la curée d’un chevreuil pris en foret de Monnaie.

L'Amitié s'était installée entre nous tous. Avant de les quitter, ils m'ont demandé ce que je pensais de leur pays. "Vous êtes merveilleux, mais mon pays est plus beau que le vôtre. Le plus simple pour savoir est de venir le visiter"
De retour en France, 3 semaines plus tard, je reçois un télégramme: "nous sommes 10 et nous venons voir si c'est vrai".

Bernadette a assumé leur séjour, avec 2 repas à la Française, le premier à la maison, le deuxième chez mon frère. (ils en parlent encore). Ils ont visité la France profonde et inconnue, des paysages, la Loire, des gentilhommières, etc.

Comment mieux conclure leur joie: une famille , les Scott, est venue acheter une maison près de chez nous en 1979, à Bréhémont. Depuis, tous les ans, s’ils sont là, nous nous retrouvons au Temple pour les sorties de chiens du vendredi soir.

De retour en France, nous ne pensions plus à cet épisode de notre vie. 15 ans plus tard, je reçois une lettre: "nous ne vous avons pas oubliés, nous recommençons le même festival sur la France, il faut revenir."

La période ayant évoluée, nos transports furent pris en charge par le département et nous nous sommes embarqués à Orly avec de quoi faire une exposition sur la Touraine (gravures, tapisseries, documents touristiques etc.) et des hôtesses de Touraine.

Alors, ce fut la fête. Au départ, à Orly, nous avons voulu répéter et la salle de départ a retenti du son de nos trompes à la grande joie des voyageurs.

Nous étions en avion à 18OOO mètres au dessus de l'atlantique, je suis allé voir les pilotes et avec leur accord réjoui, les trompes furent sorties, sans bruit, de leurs étuis. Rangés dans les 2 couloirs de l'avion, une fanfare retenti, réveillant les passagers qui somnolaient. Ce fut à nouveau une explosion d'étonnement et de joie. Je pense que nous sommes le seul équipage au monde à avoir sonné si haut.

Alors, rien ne pouvait plus nous arrêter. A l'arrivée à New York nous avons salué l'Amérique dans l'aéroport Kennedy, au grand plaisir des voyageurs.

Arrivés à Birmingham, nous étions chaleureusement attendus, non seulement par nos amis mais aussi par leurs jeunes enfants. 15 ans nous séparaient de notre premier voyage et nous avions l'impression de ne les avoir jamais quittés.

Installés dans les familles, nous sommes allés "commencer" nos prestations. Nous sonnions sur la scène du "Moulin Rouge" reconstituée dans le Boutwell Auditorium.  Ce fut une magnifique expérience humaine. En dehors de nos prestations, (3 fois par jour), nous avons visité la ville, des élevages de chevaux, un champ de course, une ancienne usine de métallurgie, la statue de Vulcain etc. Nos Amis se sont mis en 4 pour nous faire plaisir.

Leurs repas, à midi, étant du genre "Macdo", je leurs expliquais nos goûts, le surlendemain nous avions des fromages et du pain venu par avion de France.

Nous avons sonné au cours d'un banquet présidé par Madame de Marjorie, femme de l'ambassadeur de France à New York. Nous avions des amis communs en Touraine au Château de Poillé. Elle nous a chaleureusement expliqué que nous étions les meilleurs ambassadeurs de la France.

Léger incident: au cours du dîner, un magnifique noir à cheveux et spencer blancs qui nous servait, apporte le plat de fromage. Au milieu un magnifique camembert venu, par avion, spécialement de Normandie. Pascal Houette le regarde longuement et les discussions s'arrêtent. Religieusement il l'entame en découpant un fin triangle puis brusquement il plonge son couteau dans la plus grosse part et la pose dans son assiette. Le fou rire de la table s'est communiqué à toute la salle avec la propagation de l'histoire.

Dans les jours qui ont suivi, l'ambassade m'a téléphoné pour savoir si nous pourrions, à notre retour, venir sonner à la Maison Blanche pour une réception. Malheureusement elle fut annulée au dernier moment.

Mon équipe, dont le plus jeune avait 15 ans, était débordée, entre l’enregistrement de nos fanfares  (devenues souvenirs d'Alabama) , l'utilisation d'une immense voiture américaine louée pour le séjour, les visites par petits groupes de 3 pour sonner dans les écoles et expliquer la trompe et la vénerie à la Française et bien sûr nos prestations sur la scène du "Moulin Rouge" et nos visites de la ville.

Une messe fut sonnée dans la cathédrale de Birmingham avec en duo les grandes orgues et Hubert Coispel à la trompe pour l'Ave Maria.

C’est là que nous avons découvert Richard O Donohoé, le plus jeune des prêtres de la cathédrale.  Quel souvenir: a la fin de la messe, dans la cathédrale bondée de paroissiens, tout le monde debout nous applaudissant, longuement, à tout rompre.

La réception ensuite dans le presbytère fut somptueuse. Toutes les variétés de whisky et de Bourbons étaient sur la table. Devant était la voiture de Richard, surnommé plus tard "Super Curé". Ses plaques d'immatriculation étaient simples. A l'avant comme à I' arrière, elles étaient marquées: "Jésus".

Puis nous sommes rentrés en France. Les deux années suivantes il est venu en France dire nos messes de St Hubert qui ont lieu tous les ans au mois de Novembre.
Cela semblait être une belle page tournée.

Notre histoire pourrait s’arreter là.

Mais l’année dernière, ayant l’ADSL, Kitty m’a envoyé le mail de Richard devenu le Recteur de la Cathédrale.

Notre Amitié était intact dés le premier mail. Puis je lui ai expliqué que j’avais créé une association, pour acheter et sauver une très vieille et belle Église, mais que je ne trouvais pas les fonds nécessaires pour la réparer.

Alors je rêve à cette si belle histoire qui pourrait se concrétiser dans le sauvetage de ma “Vieille Église” grâce à un comité créé à Birmingham pour essayer de financer les travaux. Déjà, en Amérique, il y a un site sur le Web appelé notre-dame-de-rigny.

Je vous propose de venir la visiter ainsi que mon beau Pays, dans la France profonde.

A Birmingham, nous avons créé une fanfare "Souvenirs d'Alabama". Personne ne le sait, mais depuis le 11 Septembre, nous la sonnons, en souvenir, à toutes nos chasses.

Avec toute mon Amitié.  Marc


Le Rallye Teillay.
Le Rally Teillay
Le Rallye Teillay est allé faire connaitre la vénerie "aux Amériques".

 

FESTIVAL OF ARTS. Le logo du "Festival of Arts"

C'est lors d'une invitation en Alabama à sonner de la trompe que des liens ont étés crées entre les Etats-Unis, la France, et Notre Dame de Rigny.

 

L'EQUIPAGE EN ALABAMA. L'équipage du Rally Teillay.

En tenue, au pied de la statue d'un général sudiste, l'Equipage pose pour la couverture de la cassette de sa production.



DANS L'AVION.L'équipage sonnant dans l'avion.

Le souffle est meilleur à 18000 mètres d'alltitude...

 

LES REPETITIONS. Les répétitions de l'équipage du Rally Teillay.

3 representations par jour...

 

RICHARD O DONOHE.
Richard O Donohé

Un nouvel adepte, Richard O Donohé, "Super Curé"...


 

UN CURE PEU ORDINAIRE. Richard O Donohé

Les plaques de sa voiture estampillés du nom de Jésus.

 

L'EQUIPAGE AU "MOULIN ROUGE". Au Moulin Rouge.

L'équipage sonnait alors partout.